Ariane – Myriam Leroy

Ariane, l’histoire

Lire Ariane, c’est se plonger dans l’adolescence absolue. Nager au plus profond de sa noirceur et de sa toxicité. Vous aussi, vous avez été ado un jour. Vous aussi, vous avez peut-être été persécuté… ou persécuteur. Dans la chaîne alimentaire scolaire, il ne semble pas y avoir beaucoup d’alternatives. Aussi quand Ariane propose à notre héroïne de passer une après-midi ensemble, elle ne peut qu’accepter. Elle, elle ne s’aime pas, se trouve  insignifiante. Mais Ariane… belle comme une déesse, pleine d’assurance, aussi provocatrice que tentatrice. Et puis, surtout, elle est riche. La jeune fille – envieuse de cette jeunesse dorée – trouve en elle une complice idéale, une « jumelle siamoise », une amie fidèle qu’elle suivra jusque dans ses délires les plus paranoïaques. Mais l’amitié se consume et se consomme comme n’importe quel bien matériel. Avec l’arrivée d’Élodie, notre héroïne perd de sa superbe et est rétrogradée au rang de décor. À ses côtés, elle se sentait vivante. À présent, elle se meurt à petit feu, le poison  d’Ariane s’écoulant lentement dans ses veines.

Il fallait maintenant que nous portions des marques physiques visibles de notre couple, des insignes tribaux pour nous singulariser. Au téléphone, Ariane suggéra que nous nous mutilions.

Mon avis sur ce livre

Ce livre raconte l’amitié toxique qu’on peut construire à l’adolescence. Je ne dis pas que cet état de passion n’existe plus une fois atteint l’âge mûr. Cependant, on est peut-être un peu plus aguerri, un peu plus vigilant, se contentant de vivre pour et par nous-mêmes sans se construire forcément dans le regard de l’autre. Un livre qui m’a beaucoup touché et qui fait résonnance encore aujourd’hui à une belle amitié du passé, désormais fanée elle aussi.

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